Le spectacle des 30 ans de MH0

au Théâtre de Tunis

le 7 decembre 2009

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Dans le noir, la voix d’Edith Piaf raisonne dans le Théâtre municipal de Tunis. Elle parle de Charles Dumont, son compagnon de route, avec qui elle écrivait ses meilleurs tubes (une trentaine environ).

Comme attiré par cette voix vibrante, qui semble descendre des cieux, le Dumont, surgi des coulisses, écarte les lourds rideaux et chante en duo Flonflons du bal avec la môme invisible … Un moment plein d’émotion qui a marqué, sans aucun doute, la soirée du lundi, organisée par le Fonds de solidarité nationale, en collaboration avec le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, celui du Tourisme, la société Michel Habert org (MHO) et la municipalité de Tunis.


Une soirée placée sous le signe de " la solidarité, la mémoire, et la

fraternité". Trois artistes figuraient à l’affiche : Dorsaf Hemdani, Charles Dumont et Dave. Chacun a son histoire, chacun a " sa mémoire ".

Une histoire d’amour

Dorsaf, a ouvert le bal avec "Imta hattaref imta " d’Ismahen. Elle a enchaîné ensuite avec

un bouquet de chansons de Hédi Jouini et a fini son court programme, qui était une sorte de prélude à cette soirée, dédiée plutôt à la chanson française, par un extrait improvisé de chansons d’Edith Piaf.

Dorsaf cède ensuite la scène aux " grands ", aux cheveux blanchis et aux visages ridés, mais aux coeurs toujours jeunes…


Pendant le changement de décor et tandis qu’on préparait la scène pour placer le piano, les animateurs de la soirée, Walid Tlili et Donia Chaouch, ont offert le micro à Michel Habert qui, avec beaucoup d’humour, a raconté son histoire avec la Tunisie: " il y a trente ans, je voulais aller à Sidi Bou Saïd, et par erreur, je me suis trouvé à Hammam-Lif, devant la maison de la jeunesse. De là, s’exaltait une musique suave qui m’avait tout de suite envoûté. J’ai eu la chance, ce jour-là, de rencontrer Hédi Jouini. Ce fut le début de ma longue histoire d’amour avec la Tunisie ", raconte-t-il.


Pour en revenir à la soirée de lundi dernier, disons qu’on a chanté l’amour sous ses différentes formes : l’amour d’un chanteur, l’amour d’un pays, l’amour d’un amant… Et les coeurs se serrent quand Charles Dumont a interprété "Les Amants", " Non je ne regrette rien", " Mon dieu", "Les amours impossibles"… Et d’autres encore, plus anciennes ou plus récentes. Les mains tremblotantes, la voix vibrante, la démarche incertaine… Dans un

corps qui paraît fatigué, s’enflamme un coeur toujours amoureux, toujours ardent de passion. Ses mots d’amour, ses pleurs, ses gémissements et puis, ses longs "je t’aime", dits en grinçant et en accentuant la voix, surgissant des notes stridentes du piano, ravivent des chansons qui ne s’oublient point, qui ne meurent jamais.


"Quand le coeur est malade. Il n’y a meilleur remède que la danse avec Dave ", lance Donia Chaouch pour annoncer sur scène le chanteur néerlandais, la star des années 1970. Les rideaux se lèvent, laissant apparaître, sous un jeu de lumières vertigineux, une batterie, des guitares, des basses et un choeur. Déterminé à faire la fête, Dave danse, saute, " voltige " comme un papillon. Sa voix aussi légère que son allure, lance Doux Tam Tam… Lui aussi est venu en Tunisie, il y trente ans. Lui aussi, il en garde des souvenirs qui l’ont touché au plus profond de son âme. Aux nostalgiques, il a offert "Lettre à Hélène ", " Est-ce par hasard", "

Dansez Maintenant "…Brisant les frontières, Dave a interprété des adaptations en plusieurs langues et en différents styles, comme ces chansons françaises " américanisées " ou encore ces airs de Brahms… Il a chanté pour sa mère, pour ses amis, pour un public au coeur ouvert et pour une âme généreuse…


Une belle soirée de solidarité, en somme, qui a résonné comme une ardente histoire d’amour…


Héla HAZGUI (La  Presse)